Tout savoir sur la littérature jeunesse

Article rédigé avec la collaboration d’Ibticem Mansouri, pédagogue et formatrice experte en pédagogies actives.

La littérature jeunesse est assez récente. Il était traditionnel de considérer que les écrits n’étaient pas spécifiquement pour les enfants. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que les auteurs s’intéressent aux plus jeunes (comme Jean de la Fontaine et ses fameuses fables et contes). De la même manière, la tradition orale est également une source d’inspiration pour les auteurs, dont Charles Perrault. Ces livres étant inadaptés aux enfants, il faut attendre les frères Grimm pour une réécriture appropriée.

L’école devenue obligatoire et le développement des techniques d’impression marquent l’évolution de la littérature jeunesse. C’est en 1931, avec la création de la maison Flammarion, que le genre prend un tournant nouveau. Les courants de réflexion sur l’éducation permettent de prendre en compte les besoins des plus jeunes.

La recette d’un album jeunesse réussi

Les ingrédients essentiels d’un album jeunesse

Selon le Larousse, se dit littérature pour la jeunesse “l’ensemble des livres destinés à la jeunesse, depuis la petite enfance jusqu’à l’adolescence”. On appelle donc “album jeunesse” un livre composé d’images et de textes. Un objet à la couverture souvent rigide, résistant aux assauts répétés des enfants, qui ne comporte que peu de pages.

Il semble important de préciser qu’ici nous ne parlerons que de livres destinés aux enfants de 0 à 10 ans (et non aux adolescents). L’objet ainsi que les thèmes abordés évoluant selon les âges ne permettent pas de faire une généralité.

Sans hésitation, les illustrations sont un ingrédient indispensable des albums. L’occasion d’explorer toutes les nuances disponibles, sans s’arrêter aux couleurs primaires. L’objectif étant d’apporter à l’enfant la possibilité de développer son imaginaire. Une représentation du vivant qui ne doit pas se résumer à des traits tracés par un logiciel indépendant. Quoi qu’il arrive, la main de l’Homme doit pouvoir s’exprimer.

Les décors et personnages ne doivent pas manquer de petits détails. Par exemple, un ours ne se résume pas à une tête cylindrique et deux oreilles toutes aussi rondes. Un ours c’est avant tout des poils indisciplinés, des yeux malicieux et un museau affûté. Une précision qui va alimenter l’imagination des lecteurs et assurément les passionner.

Certains auteurs possèdent le crayon aiguisé pour réaliser les illustrations. Mais pas de panique, si vous ne l’avez pas des illustrateurs talentueux pourront vous prêter main-forte.

À la rédaction d’un album jeunesse, l’auteur peut se mettre au défi de développer des exploitations pédagogiques. Autrement dit, le livre va être un support pour acquérir de nouveaux savoirs fondamentaux (tels que la grammaire, la géométrie, les fractions, l’apprentissage du rythme…). Cette question peut se poser après le premier jet, sans que cela devienne une obligation ou un but à atteindre à tout prix.

Petit plus : la 4e de couverture est l’endroit idéal pour indiquer les exploitations pédagogiques. En un clin d’œil, le parent (ou toute personne qui a la merveilleuse idée d’offrir un livre à un enfant) pourra en avoir connaissance et faire son choix en fonction de l’âge du lecteur.

Le moteur de l’auteur ne doit pas être de raconter une morale. En plus de freiner l’imagination, les écrits manqueront probablement d’émotions.

Mes astuces pour un album jeunesse à déguster sans modération

  1. Choisir les bons mots. Le vocabulaire utilisé est si important. Simple mais riche, il ne faut surtout pas négliger cet aspect. Utiliser des mots qui décrivent visuellement et qui donnent des informations sur les sons, l’odorat, le toucher, va permettre d’interpeller tous les sens. Il est également appréciable d’éviter les métaphores et les paraboles, qui sont trop abstraites. Les bons mots sont évidemment à adapter selon les âges. Les répétitions sont un moyen redoutable pour permettre de prédire et de participer à la lecture. De la même manière, les enfants ne comprennent pas les grands concepts. Ils risquent de trouver les notions de « respect », « d’égalité » ou encore de « gratitude  » floues et trop vastes. Mais, par exemple, ils vont comprendre qu’il faut employer des mots gentils. La mise en situation de ces concepts va leur permettre de les assimiler.
  2. Des personnages attachants, drôles et imparfaits. Comme dans la réalité, les personnages doivent avoir des contradictions, des qualités comme des défauts afin que l’enfant puisse s’identifier à eux. Nombre d’auteurs font le choix d’animaux comme personnages de leurs histoires. Ce n’est pas une nécessité, bien au contraire. Cela doit être un choix cohérent et l’auteur doit être clair sur ses intentions et sur le message qu’il souhaite faire passer. Il faut avant tout se demander si humaniser un animal est pertinent pour le récit.
  3. Des surprises. Comme tout lecteur, un enfant aime être surpris ! L’objectif est de lui donner envie de tourner les pages du livre et de connaître la suite de l’histoire. Même s’il la devine, cela lui procure un sentiment d’attente et d’envie de savoir si sa prédiction était la bonne.

Ceux qui ont forgé la réputation du genre

Au fil du temps, la littérature jeunesse a évolué. Je vais vous présenter les auteurs incontournables ainsi que les personnages qu’ils mettent en scène. De quoi satisfaire tous les lecteurs en herbe et vous inspirer 🙂

Charles Perrault (1628 – 1703)

Devenu célèbre pour le recueil « les contes de la mère d’Oie », Perrault s’est inspiré de la tradition orale et a retravaillé chaque conte afin d’y ajouter des moralités et d’en faire des outils destinés à l’enseignement des jeunes enfants.

La particularité de ces écrits réside avant tout dans le fait que Perrault a écrit ce qu’il avait entendu. Une recette qui a fonctionné puisque ses contes sont connus dans le monde entier. C’est le cas de « La Belle au bois dormant » ; « Le Petit Chaperon rouge » ; « Le Petit Poucet » ; ou encore « Cendrillon ».

Hans Christian Andersen (1805 – 1875)

Autre auteur réputé dans le monde des livres pour enfants. Une renommée qui repose sur les contes de fées à une époque où ce n’est pas un genre littéraire.

Andersen a su trouver un style parlé, vif, et faire des traditions orales des créations originales à destination des plus jeunes. Au-delà de ses inspirations, Andersen puise dans ses propres ressentis et dans l’observation de la vie quotidienne. Une marque de fabrique qui signe son succès. « La petite Sirène » et « Le vilain petit canard » sont encore ancrés dans les esprits.

Paul Faucher (1898-1967)

Paul Faucher est l’auteur d’une révolution dans le monde de la littérature pour enfants. Ses albums sont destinés à être manipulés, coloriés, voire découpés. Un concept largement apprécié des enfants comme des enseignants et des parents.

Il est à l’origine du célèbre Père Castor. Un papa qui ne se lasse jamais de raconter des histoires à ses enfants, Câline, Grignote et Benjamin. À eux de tirer leurs propres conclusions. 🙂

Les autres auteurs à ne pas manquer

Parce que je ne peux pas citer tout le monde, je vous ai préparé une liste non exhaustive d’auteurs incontournables du genre.

  • Philippe Corentin : « papa ! » – « Mademoiselle tout-à-l’envers »
  • Anthony Brown : « Frida et petit ours » – « Une histoire à quatre voix »
  • Antoine Guillopé : « King-Kong »
  • Mario Ramos : « Au lit petit monstre » –  » Tout en haut »
  • Kazuo Iwamura : « La famille Souris et le potiron »
  • Eric Carle : « La chenille qui fait des trous »
  • Tomi Ungerer : « Les trois brigands »
  • Stephanie Blake : « Simon »
  • Grégoire Solotareff : « Loulou »
  • Tim Warnes : « Dangereux »

La jeunesse sur nos écrans.

Permettre aux enfants de voir leur personnage préféré prendre vie est également un moyen de les émerveiller, de les éduquer et surtout de vous inspirer. 😉

Il est toutefois nécessaire de rappeler les précautions d’usage concernant l’exposition des enfants aux écrans. Serge Tisseron (psychiatre et docteur en psychologie) a créé la règle des 3-6-9-12. Avant 3 ans : Jouons, parlons, arrêtons la télé ; de 3 à 6 ans : limitons les écrans, partageons-les, parlons en famille ; de 6 à 9 ans : créons avec les écrans, expliquons-lui Internet ; de 9 à 12 ans : apprenons-lui à se protéger et à protéger ses échanges ; après 12 ans : restons disponibles.

L’essentiel est de parvenir à un accord et de dialoguer avec les enfants sur l’intérêt de limiter les écrans en limitant le temps passé. Le monde qui nous entoure est peuplé de belles découvertes, les relations humaines sont à construire et plus que jamais à entretenir. C’est ce dont ont besoin les plus jeunes pour développer leur imagination et leur créativité.

Quelques dessins animés sont adaptés aux plus jeunes. C’est le cas de « Simon », adaptés des albums de Stéphanie Blake, qui met en scène le quotidien de Simon, petit lapin de 5-6 ans. En découvrant la vie, il est confronté à l’école, au dentiste, à la peur du noir, etc. comme tous les enfants de son âge.

« Sid le scientifique » est quant à lui le compagnon idéal des scientifiques en herbe ! Pour les passionnés des petites bêtes « Minuscule : la vie privée des insectes » est idéal. Mélange de décors naturels et d’animations 3D, nous suivons les insectes dans leur vie de tous les jours.

« Il était une fois… la vie »d’Albert Barillé est un classique à découvrir dès l’école primaire (jusqu’à l’âge adulte). Des scénarios nous font découvrir le fonctionnement du corps humain, les organes et toutes les cellules qui composent l’Homme. Absolument passionnant, instructif et bien réalisé.

En définitive, il n’y a pas de recette miracle pour écrire un album jeunesse. Des illustrations travaillées, des personnages attachants, de la créativité et le tour est joué.


J’espère que cet article t’a plu (n’hésite pas à le partager),

Prends soin de toi et à très vite,

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